Breton : l'UE, une puissance numérique anesthésiée
Bonjour ! Nous sommes David Carretta, Christian Spillmann et Oliver Grimm, les auteurs de La Matinale Européenne. Les éditions française et espagnole sont assurées par Camille Lamotte.
L’Union européenne est une puissance bridée. Elle doit jouer de ses atouts. Ils sont nombreux dans le secteur du numérique. Thierry Breton, ancien commissaire au Marché Intérieur, a été l’artisan – le père -- des régulations européennes pour le numérique. Il livre dans cette tribune à La Matinale Européenne une feuille de route pour permettre à l’Europe de sortir du suivisme et de s’affirmer comme un acteur dans un monde numérique devenu un espace conflictuel sans foi ni loi.
Dans notre briefing quotidien, nous abordons le sommet informel qui s’est terminé vendredi à Chypre. Le bilan se résume en une phrase d’Antonio Costa : “Bonne chance” sur les négociations sur le cadre financier pluriannuel. “Il n’y a pas de place pour la violence politique”, telle est la réponse de l’UE à la nouvelle tentative d’assassinat contre Trump. La Commission a conclu un accord avec les États-Unis sur les minéraux critiques. En Hongrie, Orbán et son oligarchie se préparent à partir (avec des montagnes d’argent).
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L’Europe, une puissance numérique anesthésiée
Par Thierry Breton, ancien ministre des finances et ancien commissaire européen
On a trop souvent raconté l’histoire de la souveraineté numérique européenne comme une chronique d’échec : une Europe condamnée à courir derrière les géants américains et chinois, simple marché ouvert, régulé mais impuissant.
Cette vision est fausse et nous désarme. Dans le monde qui vient – où la confiance d’après‑guerre s’efface au profit de rapports de force assumés – l’Europe dispose déjà de cartes maîtresses pour résister, innover et affronter ses concurrents : infrastructures critiques, acteurs uniques comme ASML ou IMEC, marché intérieur gigantesque, arsenal normatif sans équivalent. À condition de les utiliser comme de véritables instruments de puissance.
Ce texte prend donc le contre‑pied du discours dominant: il ne demande pas “comment rattraper notre retard”, mais comment jouer intelligemment les atouts que nous avons en main – infrastructures, données, entreprises, marché, recherche, savoir‑faire – pour peser dans les rapports de force numériques, sans renoncer à ce qui fait le cœur du projet européen : État de droit, libertés, stabilité des règles comme terreau d’innovation.
L’Europe n’a pas raté la révolution numérique: elle a changé de terrain - Depuis vingt ans, on répète que l’Europe aurait “raté” la révolution numérique, faute de GAFAM et de géant du cloud, laissant filer la valeur des plateformes grand public fondées sur les données personnelles. En ne regardant que ce front, on oublie que l’Europe s’est positionnée ailleurs : puissance normative, protection des droits fondamentaux, infrastructures industrielles.
Plutôt que courir après le “winner takes all” des plateformes B2C, elle a construit un espace informationnel régulé, protecteur de la vie privée et de l’État de droit, et posé les bases d’un marché intérieur numérique unifié. Surtout, elle dispose aujourd’hui des atouts industriels, des compétences et du marché intérieur nécessaires pour être un acteur majeur de la nouvelle phase du numérique – celle des données industrielles et de l’IA – à condition de changer de logiciel politique.
De la confiance à la défiance : le retour des rapports de force - L’ordre de l’après‑guerre reposait sur une confiance institutionnalisée: Bretton Woods, OMC, OTAN, article 5. Cette architecture se défait, minée par les guerres commerciales, les sanctions extraterritoriales, les contrôles d’exportation technologique, l’espionnage économique et le pillage des données. Ce qui émerge n’est pas le chaos, mais une nouvelle grammaire : des rapports de force ouverts, y compris entre alliés. Dans ce monde, être un simple “like‑minded partner” ne protège plus. Les programmes de surveillance de masse, le Patriot Act, la section 702, les écoutes entre alliés ont montré les limites de la fraternité proclamée. La loyauté transatlantique n’a pas empêché l’espionnage ni l’usage unilatéral de leviers juridiques et technologiques.
L’Europe doit donc assumer une mue stratégique: conserver son projet de paix et de droit, mais rassembler ses attributs de puissance, pour protéger son autonomie de décision. Tant qu’elle se pense comme un partenaire docile, elle reste en position de vassalisation, notamment vis-à-vis des États-Unis, dont dépendent nombre de pays européens pour leur sécurité et leur infrastructure numérique.
Cartographier les dépendances pour mieux les rééquilibrer - Une souveraineté numérique adulte commence par une cartographie lucide des dépendances, structurée autour de trois niveaux : Infrastructures, Données, Services et plateformes.
Infrastructures : sanctuariser le critique - Les infrastructures – réseaux, cloud, serveurs, systèmes d’exploitation, logiciels stratégiques, HPC (calcul à haute performance) , cybersécurité – reposent largement sur des technologies non européennes. L’enjeu n’est pas de tout nationaliser, mais de sanctuariser ce qui est vital pour la sécurité, l’économie et la démocratie, en l’hébergeant et en l’opérant sous droit européen. L’Europe a déjà des fournisseurs clefs: OVHcloud, Scaleway, T‑Systems, Orange pour le cloud; Thales, Atos/BDS, Stormshield, Orange Cyberdefense, F‑Secure, Secunet pour la cyber; Bull/Atos et les grands centres nationaux pour le HPC; Nokia et Ericsson pour les réseaux. La souveraineté consiste à les mobiliser là où l’enjeu est vital, via la commande publique, la certification et les clauses de réversibilité.
Données : un patrimoine européen - Les données – personnelles, industrielles, scientifiques, publiques – constituent un patrimoine informationnel. Elles n’ont de valeur qu’à travers les services qu’elles rendent. Si des plateformes accèdent à nos données en échange d’un service (logique de marché biface), il s’agit d’un échange marchand. Deux principes s’imposent : certaines données doivent être stratégiques et rester dans l’espace juridique européen ; les plateformes qui monétisent l’accès à nos données et à notre marché doivent assumer les mêmes obligations fiscales et réglementaires que les autres. Une TVA sur les services numériques est, de ce point de vue, plus cohérente qu’une énième “taxe GAFAM” symbolique.
Services et plateformes: hiérarchiser - Pour les services et plateformes, il ne s’agit pas de bannir par principe les acteurs extra‑européens, mais de hiérarchiser: certains usages peuvent leur être confiés; d’autres doivent être sanctuarisés sur des solutions européennes, parce qu’ils touchent à des fonctions régaliennes, à des données critiques ou à des secteurs stratégiques. Tout n’a pas besoin d’être souverain, mais tout ce qui est critique doit pouvoir l’être, sur la base d’une politique publique explicite.
Un espace numérique enfin unifié - Le cœur du projet européen est de bâtir un espace numérique intégré, avec les mêmes règles pour les 27. Cinq textes en sont les piliers : RGPD / DGA pour les données, DSA pour les services, DMA pour les gatekeepers, Data Act pour le partage et l’usage secondaire, AI Act pour l’IA. Pris séparément, ils sont souvent perçus comme des contraintes. Pris ensemble, ils créent un véritable marché intérieur numérique, qui manquait dans la première phase de la révolution de l’information (2000–2025), centrée sur les données personnelles. La fragmentation régulatoire a empêché l’émergence d’acteurs de taille critique. Il s’agit désormais de préparer la phase 2025–2050: celle des données industrielles (machines, production, mobilité, santé, énergie). Or l’Europe est nettement plus industrielle que les États‑Unis, avec une densité exceptionnelle d’usines et de systèmes techniques interconnectés. C’est ce gisement que les acteurs extra‑européens veulent capter. C’est celui que nous devons protéger, valoriser et monétiser selon nos règles.
Des atouts technologiques sous‑estimés – On présente souvent l’Europe comme nue dans le bain technologique. C’est faux. Si elle ne dispose pas d’un géant du numérique, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), elle compte avec une constellation d’acteurs qui, ensemble, forment une base considérable. Au premier rang, ASML, champion néerlandais, fournit les machines de lithographie les plus avancées au monde; IMEC, près de Bruxelles, est l’un des principaux centres mondiaux de recherche en micro‑ et nano‑électronique, où se forment les ingénieurs de tous les grands fondeurs. Autour de ce noyau: OVHcloud, T‑Systems, Orange, Scaleway pour le cloud; Thales, Atos, Stormshield, Rohde & Schwarz Cybersecurity, Kudelski Security pour la cyber; Nokia, Ericsson pour les réseaux; Siemens, Dassault Systèmes, SAP, Hexagon pour les logiciels industriels ; CEA‑Leti, Fraunhofer, IMEC et les grands laboratoires pour la recherche.
Ces capacités ne permettent pas de tout faire, mais elles suffisent à sanctuariser nos fonctions vitales, à proposer des alternatives crédibles et à peser dans les rapports de force. Dans certains segments, l’Europe est même irremplaçable. C’est ce capital‑là qu’il faut organiser politiquement et mettre dans la balance, plutôt que répéter que nous aurions “raté” le train.
Marché intérieur et finance : les armes oubliées - La puissance européenne tient aussi à son marché intérieur, l’un des plus vastes et solvables du monde, qui représente une part majeure des revenus des grandes plateformes non européennes. Il doit être assumé comme une arme de souveraineté en imposant nos règles (données, concurrence, transparence algorithmique, fiscalité) à tous ceux qui y opèrent et en acceptant la possibilité de restrictions ciblées en cas de coercition ou de violations répétées, avec impact immédiat sur la valorisation des entreprises concernées.
Mais pour transformer l’essai, il manque une infrastructure financière à la hauteur. C’est l’objet de l’Union des marchés de capitaux, au cœur des rapports Letta et Draghi: tant que nos entreprises devront se financer à l’extérieur ou sur des marchés fragmentés, elles resteront fragiles ou victimes de prédateurs. Une véritable Union des marchés de capitaux est une condition de souveraineté, pour orienter l’épargne vers le long terme, financer des champions technologiques et protéger nos filières critiques (cloud, semi‑conducteurs, IA, cyber, quantique).
Changer de logiciel: de “like‑minded partner” à puissance assumée - En réalité, l’Europe a tout ce qu’il faut – compétences, infrastructures, base industrielle, marché, normes – pour réussir la révolution numérique. Ce qui manque, ce n’est pas une confession supplémentaire sur un prétendu retard, mais une volonté assumée de gérer les rapports de force, surtout dans l’espace informationnel. Il faut changer de logiciel au sommet, sortir de la rhétorique confortable des “like‑minded partners” et des œillades en quête d’une clémence qui ne vient plus. Il faut lire stratégiquement nos dépendances et nos atouts ; accepter que la défense de l’intérêt général européen passe parfois par des gestes de fermeté, de réciprocité et de restriction.
Le temps n’est plus à l’Europe qui s’excuse d’être une puissance. Il est venu le temps pour ceux qui sauront exercer leur mandat d’intérêt général avec rigueur, loyauté européenne et détermination, dans un monde où la confiance ne suffit plus et où la souveraineté numérique est devenue l’un des terrains centraux de la politique de puissance.
La citation
“Hier, on percevait un immense soulagement parmi les dirigeants. Parce que c’était la première fois depuis des années qu’il n’y avait pas de Russes dans la pièce, si vous voyez ce que je veux dire. Mais…”
Donald Tusk, le Premier ministre polonais, en parlant de Viktor Orbán lors du sommet informel de Chypre, avant que Robert Fico ne le salue.
Sommet
“Bonne chance” sur le Cadre financier pluriannuel - La discussion lors du sommet informel de Chypre sur le nouveau Cadre financier pluriannuel (CFP) a confirmé les profondes divisions entre les 27 États membres sur le budget 2028-2034 de l’UE. “Bonne chance”, a déclaré le président du Conseil européen, Antonio Costa, en s’adressant au président chypriote, Nikos Christodoulides, vendredi lors de la conférence de presse à l’issue du sommet. La présidence chypriote du Conseil de l’UE devrait présenter en juin un texte – la soi-disant “negotiating box” – avec des fourchettes de chiffres pour le budget global et ses différents chapitres. La Commission avait proposé un budget de 2 000 milliards d’euros. Mais un groupe de dirigeants veut réduire ce montant. “Nous sommes déjà parmi les plus grands contributeurs. Avec cette proposition, le chiffre exploserait, et ce n’est pas acceptable pour les Pays-Bas”, a déclaré le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten. “Il y a beaucoup de pays qui, comme nous, demandent un budget plus maigre.” Ce groupe inclut le Danemark, la Suède et la Finlande. L’Allemagne se range à nouveau parmi les “frugaux”. “À un moment où presque tous les États membres engagés dans les efforts les plus rigoureux d’assainissement budgétaire au niveau national, une augmentation massive du budget de l’UE, comme proposé par la Commission, n’est pas appropriée”, a déclaré le chancelier Friedrich Merz. La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a évoqué des négociations “extrêmement difficiles”.
Macron insiste pour reporter le remboursement de la dette de l’UE - Le président français, Emmanuel Macron, a relancé samedi sa proposition de renouveler la dette créée avec le fonds post-Covid NextGenerationEU, pour éviter de réduire les ressources destinées aux politiques communautaires afin de rembourser le capital et les intérêts. “Nous nous sommes endettés au moment du Covid. Aujourd’hui, on nous dit : ‘Il faut le rembourser rapidement’. C’est idiot”, a déclaré Macron lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. “Étalons cette dette dans le temps. Remettons en circulation les obligations parce que les gens veulent ces titres à bas coût”, a-t-il ajouté. Le président français a également réaffirmé la nécessité de recourir à une dette commune pour les projets européens comme la défense, l’espace ou l’intelligence artificielle. “Aujourd’hui, beaucoup vous diront : ‘Jamais de la vie’”, mais “soit ils décident de ne pas investir, ce qui serait une énorme erreur stratégique, soit ils trouvent de nouvelles ressources”. Selon Macron, “on y arrivera à la fin”.
L’assistance mutuelle de l’UE plus forte que celle de l’OTAN, soutient Macron - La clause d’assistance mutuelle de l’UE prévue par l’article 42.7 de l’UE en cas de violation de la souveraineté ou de l’intégrité territoriale d’un des membres est plus forte que celle prévue par l’article 5 de l’OTAN, a assuré Emmanuel Macron lors du sommet informel de Chypre. “Ce ne sont pas des mots. C’est une obligation”, a affirmé le président français. Emmanuel Macron a cité le cas de l’attaque contre Chypre lorsqu’une base britannique a été la cible de drones iraniens et les menaces de Donald Trump contre le Groenland. A chaque fois la France a répondu et déployé des moyens militaires. “Pour la France et la Grèce, c’est du béton”, a ensuite déclaré le président français après un entretien avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. “Si votre souveraineté est menacée, faites ce que vous avez à faire. Nous serons là”, a assuré Macron. Les dirigeants de l’UE ont demandé un plan pour la manière dont fonctionnerait la clause d’assistance mutuelle du bloc, l’article 42.7, en réponse aux doutes exprimés par Donald Trump sur l’engagement des États-Unis envers l’OTAN et de sa volonté d’annexer le Groenland territoire autonome d’un autre membre de l’Alliance, le Danemark.
Kallas considère l’assistance mutuelle de l’UE complémentaire à l’OTAN - La Haute représentante, Kaja Kallas, ne voit aucune contradiction intrinsèque entre la clause d’assistance mutuelle de l’Union européenne et la défense collective de l’OTAN. “Il ne s’agit en aucun cas de dire que si l’article 5 ne fonctionne pas, nous pouvons opter pour l’article 42.7. Ces articles sont complémentaires l’un de l’autre”, a affirmé Kaja Kallas à Euronews. L’article 42.7 des traités de l’UE permet à un État membre victime d’une “agression armée” de demander l’assistance des autres États membres, qui peut prendre diverses formes, telles que l’aide militaire, économique, diplomatique et médicale. L’article 5 de l’OTAN stipule qu’une attaque armée contre un allié “sera considérée comme une attaque contre tous” et mentionne le recours à la force militaire comme une riposte possible pour “rétablir et maintenir la sécurité de la zone Atlantique Nord”.
L’UE et Trump
La violence politique n’a pas sa place dans les démocraties - “La violence politique n’a pas sa place dans la vie publique et doit être fermement rejetée”, a déclaré hier le président du Conseil européen, Antonio Costa, fixant la ligne des dirigeants européens après les tirs lors du dîner des correspondants à Washington, auquel participait Donald Trump. “Soulagé d’apprendre que Donald Trump, Melania Trump et tous les participants au dîner des correspondants de la Maison-Blanche sont en sécurité”, a déclaré Ursula von der Leyen : “La violence n’a pas sa place en politique, jamais.” “Il ne peut y avoir de place pour la violence politique dans nos démocraties”, a ajouté Roberta Metsola. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exprimé “sa pleine solidarité et sa sincère proximité” avec Trump. “Aucune haine politique ne peut trouver sa place dans nos démocraties”, a-t-elle ajouté. “L’attaque armée contre le président des États-Unis d’hier soir est inacceptable. La violence n’a jamais sa place en démocratie. J’exprime à Donald Trump tout mon soutien”, a écrit le président français, Emmanuel Macron.
Géoéconomie
Accord entre l’UE et les États-Unis sur les minéraux critiques - La Commission européenne et l’administration Trump ont signé vendredi un mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique concernant les minéraux critiques, accompagné d’un plan d’action visant à renforcer la coopération face au défi posé par la Chine. Le mémorandum, signé par le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič, et le secrétaire d’État, Marco Rubio, prévoit une coopération bilatérale tout au long de la chaîne de valeur (exploration, extraction, transformation, recyclage et récupération), ainsi que des mesures du côté de l’offre et de la demande. “Les minéraux critiques sont au cœur de chaque industrie tournée vers l’avenir : la résilience est donc inévitable et traiter les vulnérabilités est un impératif”, a déclaré Šefčovič. La Chine n’est pas explicitement mentionnée dans l’accord, mais son contrôle sur les minéraux critiques – en particulier leur transformation – est considéré comme un instrument de coercition économique. Le représentant commercial des États-Unis, Jamieson Greer, a expliqué que l’accord avec l’UE servait à “faire face aux politiques et pratiques non marchandes qui ont déformé les chaînes d’approvisionnement des minéraux critiques”.
La Chine sanctionne sept entreprises européennes de défense - La Chine a annoncé vendredi l’imposition de restrictions contre sept entreprises européennes actives dans le secteur de la défense, les accusant de “collusion” avec Taïwan pour avoir vendu des armes à l’île. Cependant, de nombreux analystes estiment que cette mesure de Pékin est une représaille à la décision de l’UE de sanctionner 25 entreprises chinoises et de Hong Kong, ainsi qu’un individu chinois, dans le cadre du 20e paquet de sanctions contre la Russie adopté jeudi. Ces dernières sanctions sont le coup le plus dur que l’UE a infligé à la Chine depuis le début de l’invasion, en raison du rôle de ses entreprises dans le soutien à l’effort de guerre de Moscou, par des livraisons directes de composants militaires ou la contournement des sanctions. Les sept entreprises européennes ciblées par Pékin – deux entités du groupe belge Herstal, l’allemand Hensoldt AG, et les tchèques Excalibur Army, Omnipol, Spaceknow et VZLU Aerospace – ne pourront plus recevoir de composants à double usage (civil et militaire) fabriqués en Chine. “La Commission est en contact avec les États membres concernés et, par leur intermédiaire, avec les entreprises impliquées pour comprendre l’impact”, a déclaré un porte-parole : “Nous demanderons des éclaircissements et souleverons la question par le biais du dialogue UE-Chine sur le contrôle des exportations.” Ce qui a surpris l’UE, ce n’est pas tant la représaille, mais la rapidité et les acteurs visés. Par le passé, la Chine avait déjà réagi à des sanctions, mais de manière plus lente et en ciblant des entités marginales.
Géopolitique
Un autre drone en Roumanie - Les autorités roumaines ont annoncé samedi l’intervention de deux appareils britanniques et l’évacuation de 200 personnes à cause d’un drone russe qui s’est écrasé sur son territoire, près de la frontière avec l’Ukraine. Ce n’est pas la première fois que des drones russes, engagés dans des attaques contre l’Ukraine, touchent la Roumanie, un pays membre de l’OTAN. Le président Nicușor Dan a déclaré qu’il fallait “prendre très au sérieux” l’incident. Mais pas assez pour abattre les drones avant leur entrée dans l’espace aérien de l’OTAN. Selon le compte rendu du ministère de la Défense, les deux chasseurs Eurofighter britanniques avaient établi un contact radar avec une cible localisée au-dessus du territoire ukrainien. Les pilotes avaient été autorisés à abattre les drones. “Comme cette cible spécifique n’a pas violé l’espace aérien roumain, il n’a pas été possible de tirer”, a déclaré le ministère de la Défense.
Hongrie
Orbán renonce à son siège au Parlement, Magyar dénonce la fuite des oligarques (et de leur argent) - Le Premier ministre sortant, Viktor Orbán, a annoncé samedi qu’il quitterait son siège au Parlement hongrois pour se consacrer à la reconstruction de la “communauté” du Fidesz, après la défaite écrasante subie le 12 avril face au leader de l’opposition, Péter Magyar. “Nous renouvellerons et protégerons notre communauté patriotique”, a déclaré Orbán dans un message diffusé sur X. Certains suspectent qu’il se prépare à un long exil aux États-Unis pour bénéficier de la protection de Trump. Selon le journaliste Szabolcs Panyi, Orbán “prépare un voyage plus long aux États-Unis cet été, où les chefs de l’empire des affaires Orbán – sa fille et son gendre – vivent déjà, et où il pourrait chercher refuge contre des poursuites judiciaires”. Magyar, qui prendra ses fonctions de Premier ministre le 9 mai, a dénoncé la fuite de Hongrie d’autres alliés d’Orbán. “Les oligarques liés à Orbán transfèrent des dizaines de milliards de forints aux Émirats arabes unis, aux États-Unis, en Uruguay et dans d’autres pays lointains”, a écrit Magyar sur X, demandant au parquet, à la police nationale et aux autorités fiscales “d’arrêter les criminels qui ont causé des dommages de milliers de milliards de forints au peuple hongrois et de ne pas les laisser fuir”.
Magyar à Bruxelles mercredi pour débloquer les fonds européens - Le nouveau chef du gouvernement hongrois, Péter Magyar, a annoncé hier son intention de se rendre à Bruxelles mercredi pour des entretiens informels avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur le déblocage des fonds de l'UE. “Nous n'avons pas de temps à perdre”, a-t-il expliqué. L’Union européenne a gelé 18 milliards de fonds européens dus à la Hongrie, soit l’équivalent de 8% du PIB du pays, pour sanctionner les violations de l’Etat de droit commises par le régime de Viktor Orban auxquels s’ajoutent 16 milliards de prêts du programme SAFE mis en attente pour sanctionner le véto de Orban au financement du prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine. Magyar doit être investi le 9 mai et doit agir rapidement car la Hongrie risque de perdre une dizaine de milliards sur les 18 du plan de relance consécutif à la pandémie de Covid s’ils ne sont pas versés d’ici la fin du mois d’août.
Cela se passe aujourd’hui
Conseil Agriculture et Pêche à Luxembourg
Parlement européen : session plénière à Strasbourg (débats sur le rapport annuel de la BEI ; une législation de l’UE basée sur le consentement en cas de viol ; le rapport annuel sur les fraudes ; le rôle de la diplomatie sur les océans)
Service européen pour l’action extérieure : la haute représentante Kallas au Brunei pour la réunion ministérielle UE-ASEAN
Commission : la présidente von der Leyen participe à la réunion du groupe CDU-CSU au Bundestag
Commission : la commissaire Zaharieva en Californie
Commission : la commissaire Roswall reçoit l’ambassadeur américain auprès de l’UE, Andrew Puzder
Commission : le commissaire Hoekstra à Santa Marta, en Colombie, pour la conférence sur la transition des combustibles fossiles
Parlement européen : audition du commissaire Šefčovič à la commission des Affaires constitutionnelles
Parlement européen : audition de la commissaire Lahbib à la commission des Affaires sociales
Parlement européen : audition de la vice-présidente Virkkunen à la commission Bouclier européen pour la démocratie
Parlement européen : audition de la commissaire Roswall à la commission Environnement
Parlement européen : réunion du Bureau de la présidence
Conseil : réunion du Coreper II
Cour des comptes de l’UE : synthèse des 12 avis sur le Cadre financier pluriannuel
Eurostat : statistiques sur le tourisme en 2024 ; données sur la sécurité dans les transports en 2024 ; statistiques sur les allocations chômage en 2023




J'apprécie ce texte mais ça m'aurait fait encore plus plaisir de le lire sur un site hébergé en Europe.
Un ghost sur Scaleway ou autre? :)