La proposition de CFP commise par la commission de Von Der Leyen représente peut être le dernier clou dans le cercueil de l'Union Européenne et de l'espace de paix et de démocratie tel que nous le connaissons, je le crains.
En restant résignée sur un pourcentage inadéquat d'à peine 1% du PNB de l'union, qui fait d'ores et déjà l'objet d'attaques en règle des pays du nord obsédés par leurs logiques de rapines à présenter à leurs opinions publiques comme si nous étions en 1995, et en restant silencieuse ou presque sur toute la dimension de mutualisation des moyens de réarmement par capacité d'emprunt, elle condamne les Etats à l'alternative impossible entre chasse aux économies injuste socialement et construction d'une autonomie stratégique.
En laissant les dépenses de défense exclusivement logées dans les budgets nationaux on ne fait qu'encourager le manque permanent d'harmonisation et de concentration des programmes qui nous a conduit à la situation actuelle, source de gigantesques inefficiences.
Quant aux contraintes financières, la suspension des critères du PSC ne sera d'aucun secours pour la France en particulier qui plus est dans le contexte du remboursement du RFF. On le voit déjà dans la nouvelle RSD que de nombreux analystes estiment comme pas à l'échelle face à la montée des périls. En 2027, l'EXD fera implicitement campagne contre le réarmement en jouant la corde "pseudo-pacifiste", et gagnera sans doute. A partir de la il est impossible d'imaginer la moindre montée en puissance européenne.
La droite européenne est en train de faire son choix, imperceptiblement : vassalisation auprès d'un régime américain en transition autoritaire, étranglement de la politique vitale de transition énergétique, durcissement conservateur sans fin avec une fascination à peine dissimulée pour l'autocratie light qu'Orban a su construire en Hongrie.
L’avenir de l’Europe s’est malheureusement joué dans un premier temps bien avant la réunion en Alaska. Elle sanctionnera l’inaction depuis que Clinton, à Madrid en 1997, avait appelé au burden-sharing, elle révélera la négligence, la division, la myopie et la lâcheté stratégique des dirigeants de l’UE et membres européens de l’OTAN. Le déshonneur, la guerre et ses destructions, du sang et des larmes, et surtout un risque de dissolution rapide sous le coup des millions de réfugiés qui vont déferler sur l’Europe, sera le prix à payer, si aucune direction stratégique plausible malgré les sacrifices qu’elle exigera et acceptée par les populations n’est prise. Mais comme l’autre préoccupation de nos dirigeants est d’augmenter la pression économique sur nos concitoyens les plus modestes, ce qui est suicidaire en temps de crise stratégique, l’appui des populations risque de manquer. Votre article, juste à tous les égards, ne peut être digéré que la mort dans l’âme avec le pressentiment que l‘hubris européenne de miser avant tout sur le soft-power, le marché et sa capacité normative et de tenir pour secondaires les rapports de force militaires conduira à un désastre dont nous n’osons encore dire la vraie dimension, parce qu’indicible après 80 ans de limitation des dégâts. De paix, il n’y en a pas vraiment eu depuis 1945.
La proposition de CFP commise par la commission de Von Der Leyen représente peut être le dernier clou dans le cercueil de l'Union Européenne et de l'espace de paix et de démocratie tel que nous le connaissons, je le crains.
En restant résignée sur un pourcentage inadéquat d'à peine 1% du PNB de l'union, qui fait d'ores et déjà l'objet d'attaques en règle des pays du nord obsédés par leurs logiques de rapines à présenter à leurs opinions publiques comme si nous étions en 1995, et en restant silencieuse ou presque sur toute la dimension de mutualisation des moyens de réarmement par capacité d'emprunt, elle condamne les Etats à l'alternative impossible entre chasse aux économies injuste socialement et construction d'une autonomie stratégique.
En laissant les dépenses de défense exclusivement logées dans les budgets nationaux on ne fait qu'encourager le manque permanent d'harmonisation et de concentration des programmes qui nous a conduit à la situation actuelle, source de gigantesques inefficiences.
Quant aux contraintes financières, la suspension des critères du PSC ne sera d'aucun secours pour la France en particulier qui plus est dans le contexte du remboursement du RFF. On le voit déjà dans la nouvelle RSD que de nombreux analystes estiment comme pas à l'échelle face à la montée des périls. En 2027, l'EXD fera implicitement campagne contre le réarmement en jouant la corde "pseudo-pacifiste", et gagnera sans doute. A partir de la il est impossible d'imaginer la moindre montée en puissance européenne.
La droite européenne est en train de faire son choix, imperceptiblement : vassalisation auprès d'un régime américain en transition autoritaire, étranglement de la politique vitale de transition énergétique, durcissement conservateur sans fin avec une fascination à peine dissimulée pour l'autocratie light qu'Orban a su construire en Hongrie.
L’avenir de l’Europe s’est malheureusement joué dans un premier temps bien avant la réunion en Alaska. Elle sanctionnera l’inaction depuis que Clinton, à Madrid en 1997, avait appelé au burden-sharing, elle révélera la négligence, la division, la myopie et la lâcheté stratégique des dirigeants de l’UE et membres européens de l’OTAN. Le déshonneur, la guerre et ses destructions, du sang et des larmes, et surtout un risque de dissolution rapide sous le coup des millions de réfugiés qui vont déferler sur l’Europe, sera le prix à payer, si aucune direction stratégique plausible malgré les sacrifices qu’elle exigera et acceptée par les populations n’est prise. Mais comme l’autre préoccupation de nos dirigeants est d’augmenter la pression économique sur nos concitoyens les plus modestes, ce qui est suicidaire en temps de crise stratégique, l’appui des populations risque de manquer. Votre article, juste à tous les égards, ne peut être digéré que la mort dans l’âme avec le pressentiment que l‘hubris européenne de miser avant tout sur le soft-power, le marché et sa capacité normative et de tenir pour secondaires les rapports de force militaires conduira à un désastre dont nous n’osons encore dire la vraie dimension, parce qu’indicible après 80 ans de limitation des dégâts. De paix, il n’y en a pas vraiment eu depuis 1945.