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Suite et fin de mes commentaires

Le règlement “Retour” restreint en effet les possibilités de recours pour les migrants et les demandeurs d’asile. Les déportations expéditives seront légalisées, facilitant la violation du principe de non-refoulement.

MP: Le règlement retour ne s’applique qu’aux personnes faisant l’objet d’une injonction de retour. Ce qui signifie que ce sont des personnes auxquels le droit d’asile a été refusé sur la base d’un examen individuel. Le droit de recours existe mais n’est effectivement pas suspensif. Il ne faut pas tout amalgamer : le droit de recours pour un demandeur d’asile est préservé en toute circonstance en ce qui concerne la décision de ne pas octroyer l’asile. Le règlement retour ne concerne que les décisions d’injonction de retour. Dans tous les cas le principe de non-refoulement doit être vérifié et respecté.

La “trumpisation” de la politique migratoire de l’UE a commencé pendant le premier mandat d’Ursula von der Leyen. Les règlements constituant le nouveau Pacte sur la migration et l’asile ont conduit à la construction d’un mur juridique pour maintenir les demandeurs d’asile aux frontières de l’UE, tout en facilitant leur expulsion rapide.

MP: Il ne s’agit pas d’un mur juridique pour « maintenir les demandeurs d’asile aux frontières de l’UE, tout en facilitant leur expulsion rapide » mais d’une procédure effectivement à la frontière et accélérée qui ne s’appliquera qu’aux personnes originaires de pays pour lesquels le taux moyen d’acceptation des demandes d’asile est faible (inférieur à 20 %) ou de celles qui trompent les autorités ou présentent un risque sécuritaire. La procédure à la frontière ne s'appliquera qu'aux mineurs présentant un risque pour la sécurité. Des conditions d'accueil spécifiques seront prévues pour les familles avec de jeunes enfants.

Tout autre demandeur d’asile sera dirigé vers la procédure normale.

La distinction entre réfugiés et immigration illégale a progressivement disparu.

MP: Faux: au contraire la nouvelle législation permettra de mieux identifier un véritable réfugié d’un migrant économique qui utilise le droit d’asile (et est généralement débouté) pour entrer sur le territoire de l’UE. Je rappelle que l’UE a accueilli plus d’un million de Syriens en 2015 et 4,5 millions de réfugiés en provenance d’Ukraine sont actuellement accueillis sur le territoire de l’UE. Chaque année environ 400000 nouvelles personnes bénéficient d’une forme de protection internationale.

Pour faciliter les déportations, même lorsque les personnes ont droit à la protection internationale,

MP: Non les personnes qui ont droit à la protection internationale ne sont pas déportées.

L’UE a introduit dans sa législation le “Modèle Rwanda”,

MP: L’UE n’a pas introduit le modèle Rwanda mais il est potentiellement possible qu’un modèle similaire au modèle Rwanda puisse être introduit dans le cadre d’un accord avec un pays tiers considéré comme pays sûr. Le risque existe potentiellement et il faudra faire une analyse juridique appropriée si cette possibilité est bien réelle et d ans quels termes.

Lorsque les murs ne peuvent pas être construits en raison de la mer, la Commission s’est empressée de signer des accords de coopération avec les pays de la rive sud de la Méditerranée. Maroc, Tunisie, Égypte, même Libye : le respect des droits humains est un simple détail. …..Officiellement, l’UE verse de l’argent à ces pays pour faciliter les opérations de recherche et de sauvetage en mer. En réalité, elle les finance pour intercepter les migrants en mer avant qu’ils n’atteignent les côtes européennes.

MP: Ces accords sont des accords plus globaux prévoyant également des mesures de migrations légales et de soutien aux systèmes nationaux de gestion de la migration. Par ailleurs la lutte contre le trafic de migrants qui est de la traite humaine ne peut qu’être soutenu : prévenir les départs est aussi un moyen de réduire les naufrages.

Entre l’UE et les États-Unis, il reste une différence, mais pas en faveur des Européens. L’UE utilise une crise vieille de plus de dix ans – la crise des réfugiés syriens de 2015 – comme excuse pour adopter en hâte un appareil de règles répressives. Le règlement “Retour” sera approuvé sans débat approfondi au sein du Parlement européen et sans qu’il y ait eu de sérieuse consultation des experts.

MP: L’UE adopte les mesures que le législateur européen (Conseil, Parlement) issu d’élections libres et représentatives, décide d’adopter, tout en devant se conformer aux engagements de la Charte des droits fondamentaux et de la Convention européenne des droits de l’homme qu’ils ont tous ratifiés.

“Le concept d’invasion a été utilisé pour faire croire que l’invasion est en Europe, alors que les invasions ont lieu dans les pays en guerre d’où fuient les migrants”, Le règlement “Retour” “confirme qu’il y a des personnes qui ne comptent tout simplement pas”. il repose sur un vieux mal : “le racisme”.

MP: Hormis les tenants du grand remplacement je ne vois pas qui parle d’invasion, mot que je n’ai jamais entendu en 4 ans comme DG en charge de la migration ni dans la bouche de la Commission, ni du Conseil ni du PE (sauf peut-être quelques députés très très à droite qui n’ont d’ailleurs jamais participé ni contribué aux débats !).

Dire que le règlement retour confirme qu’il y a des personnes qui ne comptent tout simplement et repose sur un vieux mal : “le racisme” fait partie de ce que l’UE offre encore ie la liberté d’expression, même celle de dire des choses incorrectes et tendancieuses.

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Je suis Monique Pariat ancienne Directrice générale chargée de la migration des affaires intérieures à la Commission européenne (2020-2023) et cet article est consternant. il manque du minimum d'objectivité et de sérieux que l'on peut attendre d'un journaliste de votre calibre. il est tendancieux, biaisé et souvent parfaitement incorrect. Sur un sujet aussi sensible et instrumentalisé par tant de mouvances populistes anti européennes, il est affligeant qu'un journal respectable comme le vôtre reprenne sans vérifier des arguments approximatifs sinon faux.

Voici en détail les commentaires que j'ai inclus dans votre texte.

“Nous ne construisons pas de murs, nous voulons construire des ponts”.

MP: Tout cela est correct. Ce qu’il faudrait toutefois aussi préciser est que la proposition de révision du système commun d’asile et de migration européen que la Commission Juncker avait proposé à cette époque a échoué en raison de l’opposition d’un nombre suffisant d’Etats-membres qui n’ont pas permis d’obtenir une majorité au Conseil notamment en matière de répartition obligatoire des migrants/réfugiés.

Le fait est que l’UE et ses États membres ont “trumpisé” leur politique migratoire.

MP: Le terme trumpisé est biaisé et incorrect car d’une part le Pacte a été présenté par la Commission VDL1 en septembre 2020 et politiquement endossé par les deux colégislateurs en décembre 2023 (soit avant le retour de Trump au pouvoir). Un examen en détail des mesures montre que même si l’approche est clairement plus restrictive (contrôles aux frontières renforcés, procédures plus strictes etc), elle ressemble beaucoup plus à ce que Biden avait essayé de faire et que Trump a renversé.

Et ils se préparent à se doter des outils pour mener une politique similaire à celle de l’ICE. Il suffit de lire le règlement “Retour” – également connu sous le nom de “règlement déportations”

MP: Faux. Tout d’abord ce règlement ne s’appelle pas plus règlement déportation que celui sur la lutte contre la pédopornographie en ligne ne s’appelle Chat control Regulation. Ce sont dans les deux cas des dénominations tendancieuses visant à discréditer la Commission. Ce n’est pas digne d’un journalisme sérieux.

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