Bonjour ! Nous sommes David Carretta, Christian Spillmann et Oliver Grimm, les auteurs de La Matinale Européenne. Les éditions française et espagnole sont assurées par Camille Lamotte.
L’analyse du jour est consacrée à l’état de l’Union. Oliver explique que dans son discours, Ursula von der Leyen a fait de nombreuses annonces, certaines recyclées, qui risquent de se transformer une fois de plus en promesses vides.
Notre briefing est également centré sur l’état de l’Union. L’annonce surprise de von der Leyen est l’offre d’un statut de membre associé au Canada. La présidente de la Commission a également proposé de créer un Conseil de sécurité européen et de doter l’UE d’un article 4 de style OTAN. Le débat au Parlement européen a servi de tribune aux chefs des partis extrémistes et a permis aux chefs des partis pro-européens de régler leurs comptes entre eux. Une fois le battage publicitaire terminé, les chefs d’État et de gouvernement reviendront aux choses sérieuses en octobre. Entre-temps, Kaja Kallas a présenté une liste de plus de 1 500 individus et entités à sanctionner pour la guerre menée par la Russie.
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Von der Leyen, la reine européenne des promesses vides
Par Oliver Grimm
Ursula von der Leyen a dit beaucoup de choses intéressantes et nouvelles dans son discours sur l’état de l’Union hier. Mais ce qui était intéressant n’était pas nouveau. Et ce qui était nouveau n’était pas intéressant.
Prenons, par exemple, son annonce d’« établir une nouvelle Corporation européenne pour les matières premières critiques ». Cet organisme « nous aidera à obtenir et à stocker ce dont nous avons besoin », a promis la présidente de la Commission. « Pour les voitures électriques, les puces et les batteries, les technologies propres et la défense. »
Cela semble passionnant, et nouveau. Mais ça ne l’est pas. Le 3 décembre de l’année dernière, la Commission avait publié un plan d’action pour accélérer son travail sur les matières premières critiques. Elle avait annoncé vouloir présenter, d’ici la fin du mois de juin, la base juridique d’un « Centre européen pour les matières premières critiques ». Fin juin, c’était il y a deux mois et demi. La Commission n’a pas publié de base juridique. Et elle ne le fera pas avant au moins la fin octobre, selon son agenda.
Quand l’UE commencera-t-elle à aider les producteurs européens de voitures électriques, de puces et de batteries à obtenir ce dont ils ont besoin ? En fait, personne ne le sait. Mardi, la Commission a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour déterminer qui sera désigné pour réaliser un projet pilote sur le stockage de matières premières critiques.
Ce n’est qu’un exemple. Mais il illustre un schéma de la politique de von der Leyen. Faire de grandes annonces. Créer de nouveaux titres et acronymes vertigineux. S’envelopper dans l’aura de la présidentialité. Mais rester aussi vague que possible sur la mise en œuvre. Et ne pas hésiter à recycler des propositions déjà formulées : la plupart des gens ne le remarqueront de toute façon pas.
La façon dont von der Leyen a parlé de la crise énergétique croissante était un autre cas exemplaire. « Nous devons électrifier l’Europe », a-t-elle dit en plénière au Parlement européen. « Notre objectif est de doubler la part de l’électricité d’ici 2040. Ainsi, l’Europe pourrait réduire sa facture d’importation de combustibles fossiles de 260 milliards d’euros par an. » C’est exactement ce que la Commission avait déjà proposé dans son Plan d’action pour l’électrification il y a deux mois. Et cela s’inscrit dans le prolongement d’un autre fleuron de la présidence von der Leyen, « REPowerEU », présenté en mai 2022. « Grâce à REPowerEU, nous avons mis les citoyens et les entreprises de l’UE à l’abri des pénuries d’énergie, soutenu l’Ukraine en affaiblissant la caisse de guerre de la Russie, accéléré la transition vers l’énergie propre et stabilisé les prix », se félicite la Commission.
La Cour des comptes européenne voit les choses quelque peu différemment. « Le financement de l’UE n’a joué qu’un rôle mineur dans la fin de la dépendance au pétrole et au gaz russes », a conclu son audit de REPowerEU la semaine dernière. « Les investissements n’ont pas été suffisants pour accélérer la transition vers l’énergie propre et renforcer les connexions transfrontalières. »
Un verdict cinglant. Von der Leyen en a-t-elle pris acte ? À Strasbourg, elle a exhorté les législateurs à accélérer les travaux sur le paquet Réseaux, destiné à accélérer la construction de lignes électriques à travers les frontières nationales. Mais ses services avaient conçu cette pièce maîtresse de la politique énergétique de l’UE de manière si bâclée que la Suède, modèle d’énergie propre, a annulé en mai un projet de modernisation d’un important câble électrique vers le Danemark pour protester contre le projet de loi européen.
La liste des déclarations grandiloquentes mais superficielles pourrait continuer longtemps. Prenons la défense aérienne et l’Ukraine. « Nous souhaitons développer avec l’Ukraine un système de défense antimissile abordable et modulaire », a annoncé von der Leyen. « Au cœur de cette collaboration se trouve le projet Freya. Nous combinons ici l’expérience de combat et l’innovation des Ukrainiens avec le leadership technologique de l’Europe. » Mais cela aussi est déjà en cours. La société ukrainienne de défense Fire Point a présenté le projet il y a quatre mois. Plusieurs États membres ont déjà déclaré leur intérêt à le mettre en l’air d’ici l’année prochaine. Il n’est pas clair quel serait le rôle de la Commission dans ce projet — ou plutôt, si elle en a un.
Mais von der Leyen n’a pas été aussi loquace sur toutes les questions d’intérêt européen. Manquant d’imagination politique, ou de volonté d’affronter les États membres, elle est restée silencieuse sur bon nombre d’entre elles. Sur le conflit au Moyen-Orient, elle a dit que « c’est le rôle de l’Europe de maintenir vivante la flamme d’une solution à deux États ». Soit. Mais en quoi consiste ce rôle ? Où est le plan von der Leyen pour la paix israélo-palestinienne ? Peut-être la présidente pourrait-elle en élaborer un si elle ne dépensait pas autant de capital politique à diminuer le rôle de Kaja Kallas, la Haute Représentante pour la politique étrangère et de sécurité.
Autre exemple, la Chine et le déficit commercial quotidien de l’UE d’un milliard d’euros qu’von der Leyen a qualifié d’« insoutenable ». Elle a insisté sur le « dialogue avec la Chine pour rééquilibrer nos échanges ». Mais quels arguments magiques la Commission pense-t-elle pouvoir utiliser pour amener le régime de Pékin à changer de posture géoéconomique ? « Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour rééquilibrer notre relation », a averti von der Leyen — et ce faisant, elle a répété une formule que l’on entend depuis des années, sans effet.
« Les mots sont bien. Mais les actes sont mieux », a dit la présidente. On peut se demander si l’ironie de cette déclaration lui a échappé.
La citation
« Si l’Europe, qui parle quotidiennement de se préparer à la guerre contre la Russie, venait à attaquer la Fédération de Russie, ce serait une tout autre guerre, et elle serait très courte. »
Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères.
État de l’Union
Le statut de membre associé pour le Canada, la surprise de l’état de l’Union — La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a utilisé son discours sur l’état de l’Union pour répondre positivement à l’offre du Premier ministre canadien, Mark Carney, d’une alliance sans précédent entre l’Union européenne et le Canada. « L’Europe et le Canada croient en la démocratie. Ils croient que le pouvoir n’appartient pas au plus fort, au plus riche ou à celui qui crie le plus fort, mais à nous tous : que les démocraties sont libres de choisir avec qui elles coopèrent », a déclaré von der Leyen devant le Parlement européen et Carney lui-même. « Nous voulons que les relations de l’Union avec le Canada atteignent le niveau le plus élevé possible », a expliqué la présidente de la Commission : « Je souhaite lancer les travaux pour accueillir le Canada comme premier membre associé de l’UE. »
L’annonce est arrivée par surprise. Les collaborateurs de von der Leyen avaient expliqué que la présidente était sceptique face à la proposition de Carney, car l’UE ne se considère pas comme une « puissance moyenne ». Certains États membres s’opposent à un approfondissement trop étroit des relations avec un pays tiers lointain, car ils considèrent l’élargissement et les relations avec les pays européens plus proches comme le Royaume-Uni comme prioritaires.
La plénière du Parlement a répondu à l’annonce de von der Leyen par une standing ovation et les applaudissements les plus longs de l’état de l’Union. Carney, qui a été symboliquement placé sur les sièges réservés aux membres des gouvernements des États membres de l’UE, répondra aujourd’hui avec un discours toujours devant le Parlement européen.
Plus d’interrogations que de certitudes sur le Canada comme membre associé — Les détails de ce que von der Leyen a qualifié d’« Alliance pour l’avenir » entre l’UE et le Canada ne sont pas connus. Dix États membres, dont l’Italie et la France, doivent encore ratifier l’accord de libre-échange CETA, qui devrait évoluer vers le nouveau statut de « membre associé ». C’est le signe des difficultés à venir dans des négociations qui devraient à nouveau se concentrer sur le commerce et l’investissement, et s’élargir à plusieurs autres secteurs. Sur le plan juridique, le statut de « membre associé » de l’UE n’existe pas. L’article 217 du traité se limite à prévoir la possibilité pour l’UE de conclure avec des pays tiers une association comportant des droits et des obligations réciproques, une action commune et des procédures particulières. Le chancelier allemand Friedrich Merz avait proposé le statut de « membre associé » pour l’Ukraine comme étape intermédiaire vers l’adhésion, soulevant le soupçon de vouloir la laisser dans la salle d’attente pour toujours.
Élargir l’UE au Canada est considéré comme impossible. Mais, avec son discours à Davos en début d’année sur la nécessité d’une alliance entre les puissances moyennes pour faire face aux puissances hégémoniques, et encore davantage après la rupture des négociations avec Donald Trump et l’escalade des droits de douane américains, Carney a fait une offre que l’UE ne peut pas se permettre de refuser dans le contexte géopolitique actuel. « Nous travaillerons sur la fabrication intelligente, établirons une alliance technologique, intégrerons les bases industrielles de défense, ferons de l’Arctique un projet phare commun. Nous nous occuperons de l’énergie, des minéraux critiques, des batteries, et aussi de l’IA, des technologies quantiques, de l’informatique et de la sécurité économique », a dit von der Leyen.
Un Conseil européen de sécurité et un article 4 OTAN pour l’UE — Outre le Canada, une autre annonce d’Ursula von der Leyen a suscité l’intérêt des observateurs et des analystes, notamment dans le secteur de la défense : la création d’un Conseil européen de sécurité, auquel devraient également participer l’Ukraine, le Royaume-Uni, la Norvège et le Canada. La proposition sera incluse dans la nouvelle Stratégie européenne de sécurité que von der Leyen prépare avec Kaja Kallas. L’idée n’est pas de von der Leyen. Emmanuel Macron et Charles Michel avaient été les premiers à en parler. Mais « c’est maintenant encore plus urgent, étant donné la nature et l’ampleur des risques en jeu », a déclaré von der Leyen.
La présidente de la Commission a également proposé que l’UE se dote d’un mécanisme de type article 4 de l’OTAN. « Je crois qu’il est temps pour un article 4 de l’Europe — ou un Protocole de sécurité d’urgence », a déclaré von der Leyen. Il devrait prévoir des consultations entre tous les États membres en cas d’incidents menaçant la sécurité nationale pour discuter d’une réponse européenne, décourager de nouvelles escalades et atténuer l’impact.
Courage ou bourde sur le Canada ? — La formule utilisée par Ursula von der Leyen de « membre associé » pour le Canada n’a pas plu au Premier ministre, Mark Carney. Après que cette hypothèse avait été révélée par le Wall Street Journal, créant des polémiques au Canada, Carney avait préféré une autre expression : « alliance unique ». Mais von der Leyen a surtout provoqué l’irritation des États membres de l’UE, qui n’avaient été ni consultés ni prévenus de sa proposition. Le chancelier allemand Friedrich Merz l’a fait savoir publiquement par l’intermédiaire de son porte-parole, Stefan Kornelius. L’Allemagne est prête à « discuter de nouveaux modèles de partenariat » pour la « relation spéciale » avec le Canada. « Mais nous devons reconsidérer la terminologie », a ajouté Kornelius, faisant référence au statut de « membre associé ».
Ursula terrorisée par Donald — La présidente de la Commission européenne a appelé les Européens à faire preuve de courage face aux défis, mais cette qualité manque à Ursula von der Leyen lorsqu’il s’agit de dénoncer les comportements, les chantages et les responsabilités de Donald Trump. Pas un mot sur le rôle de l’administration et du président américain dans les bouleversements du monde. Une phrase, prévue dans une première rédaction consultée par La Matinale Européenne, disait : « Alors que les anciennes certitudes et les anciennes relations se sont effritées, nous devons désormais composer avec un monde ouvertement hostile. » Mais le passage a été caviardé. La présidente et son chef de cabinet ne veulent pas froisser le président américain. Ce mutisme a été relevé, car le champion de la résistance contre Trump, le Premier ministre canadien Mark Carney, avait pris place dans l’hémicycle pour écouter le discours d’Ursula von der Leyen et découvrir sa peinture du monde.
Les présidentes des groupes socialiste et libéral, l’Espagnole Iratxe García Pérez et la Française Valérie Hayer, ont eu le courage qui a manqué à la présidente pour dénoncer les responsabilités de Donald Trump et ont salué la résistance de Carney sous les applaudissements de l’assistance. Valérie Hayer a dit avoir honte de l’accord sur les droits de douane accepté par Ursula von der Leyen pour éviter une surenchère de la part du président américain et a conclu son intervention par un appel au langage de la puissance : « Si Trump impose des tarifs, on répond collectivement par des tarifs. »
L’état de l’UE, une tribune pour les anti-européens au Parlement — La reconduction d’Ursula von der Leyen pour un second mandat à la tête de la Commission européenne a été accompagnée d’une montée des partis anti-européens. Leurs quatre groupes — les Patriotes pour l’Europe, les Conservateurs et Réformistes (ECR), l’Europe des Nations Souveraines (ESN) et The Left — sont respectivement la 3e, la 4e, la 7e et la 8e force. Le discours de von der Leyen a été pour eux une tribune, et c’est dans cet ordre que leurs chefs ont pris la parole pour démolir son action.
Le Français Jordan Bardella, président des Patriotes, a ouvert le feu. Il a dénoncé « les deux Europes, celle de von der Leyen qui augmente les dépenses en personnels de 40 % et les budgets pour les déplacements de la présidente en jet privé de 50 %, et celle de ceux qui doivent payer, encore payer, toujours payer » pour les augmentations de leurs factures. Bardella, dont le parti pourrait remporter la présidentielle en mai 2027, se voit au pouvoir et le dit : « Pendant des décennies, vous avez demandé aux peuples de s’adapter à votre vision de l’UE ; maintenant, à Bruxelles, le moment est venu d’inverser l’ordre des choses et de rendre le pouvoir aux peuples. »
À l’extrême gauche de l’échiquier politique, la vice-présidente du groupe de la gauche radicale The Left, la Française Manon Aubry, porte-parole de La France Insoumise et de son chef Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la présidentielle, a été tout aussi critique. « Madame von der Leyen, vous avez réussi l’exploit de ne pas prononcer une seule proposition concrète sur le coût de la vie alors que des millions de gens doivent choisir entre se nourrir, se loger, se déplacer. Quand allez-vous bloquer les prix et proposer une taxe sur les super-profits des pétroliers ? » Manon Aubry est revenue sur deux annonces de la présidente pour les remettre en question. « Qui vous a donné son accord pour proposer d’associer l’Europe au Canada et créer un Conseil de sécurité ? » a-t-elle lancé à Ursula von der Leyen, imperturbable. « Quand nous serons au pouvoir, nous imposerons une taxe sur les profits pétroliers, nous gèlerons la dette de la France détenue à la BCE et nous mettrons fin aux accords de libre-échange », a-t-elle soutenu.
La France est l’un des dix États de l’UE à ne pas avoir ratifié le CETA, l’accord de libre-échange avec le Canada. L’intervenant au nom de l’ECR, le Polonais Patryk Jeki (PiS), a été tout aussi critique, et l’Allemand René Aust, responsable du parti Alternative für Deutschland (AfD) et co-président du groupe ESN, a invité les jeunes Européens à « s’engager pour libérer le continent ».
Règlement de comptes au sein de la famille pro-européenne — Les mauvaises relations entre les trois grands groupes de la majorité pro-européenne — les Populaires (PPE), les Socialistes (S&D) et les Libéraux (Renew Europe) — n’ont pas été mises sous le tapis lors des interventions de leurs chefs. En cause : le flirt entre le Parti Populaire et les groupes anti-européens pour constituer des majorités alternatives et exercer une pression sur les autres groupes.
« L’Europe du XXIe siècle ne sera possible que si les forces pro-européennes travaillent ensemble. Sans se tourner vers l’extrême droite », a averti la cheffe des socialistes, l’Espagnole Iratxe García Pérez. « L’Europe doit se doter d’institutions réformées et d’un budget européen. Pour cela, il n’y a qu’une seule majorité possible », a renchéri la dirigeante de Renew, la Française Valérie Hayer, dans une adresse aux pro-européens de l’hémicycle. « Nous devons restaurer la confiance entre nous. C’est la seule manière de délivrer un agenda de puissance, avec les pro-européens, sans les extrêmes. »
Un sondage cruel pour Ursula von der Leyen — Le jour du grand oral de la présidente de la Commission européenne avec son discours sur l’état de l’UE devant le Parlement, Politico a publié une enquête d’opinion réalisée dans trois grands pays de l’UE — la France, l’Allemagne et l’Espagne — dont les résultats sont cruels pour Ursula von der Leyen : la plupart des citoyens ne savent pas qui elle est, et ceux qui connaissent son rôle jugent qu’elle fait mal son travail. Ses compatriotes sont les plus sévères : 45 % des personnes interrogées sont critiques sur la manière d’exercer sa fonction, et 35 % n’ont aucune opinion ou ignorent qui elle est.
Mais c’est en France qu’Ursula von der Leyen est vraiment impopulaire : 30 % critiquent son travail, 34 % ignorent qui elle est et 22 % n’ont aucune opinion. Les Français sont appelés à élire leur président en 2027 et le candidat d’extrême droite anti-européen est en tête des intentions de vote. Les Espagnols, appelés à des législatives en 2027, ont donné des réponses similaires à celles des Français. Quant à son discours, la majorité des personnes interrogées a déclaré n’y trouver aucun intérêt.
Sommet
António Costa convoque un Conseil européen marathon en octobre — Une fois le battage publicitaire pour l’état de l’Union terminé, les dirigeants de l’UE devront, dans moins d’un mois, faire face à un Conseil européen avec un ordre du jour particulièrement « chargé », nous a dit un fonctionnaire de l’UE. Deux jours de réunion sont prévus : les 15 et 16 octobre. António Costa, le président du Conseil européen, a envoyé l’ordre du jour aux ambassadeurs des États membres.
La première discussion le 15 octobre portera sur la compétitivité. L’objectif de Costa est de relancer le sentiment d’urgence. La Commission devra rendre compte des résultats du dialogue avec la Chine lancé en juillet et partager ses plans pour renforcer les instruments de défense commerciale. L’Ukraine sera un autre thème clé, en particulier comment couvrir le déficit budgétaire de Kyiv. Costa a prévu une session sur le Cadre financier pluriannuel — le budget 2028-34 de l’UE — sur la base d’une nouvelle « nego box » que la présidence irlandaise présentera début du mois. Son objectif est de faire la clarté sur la possibilité d’introduire de nouvelles ressources propres. Une autre discussion controversée portera sur l’élargissement et les réformes internes à l’UE pour se préparer à accueillir de nouveaux membres.
Le matin du 16 octobre, le débat entre les dirigeants risque de s’échauffer sur les politiques migratoires. Costa cherchera à limiter les dégâts après les polémiques sur Ceuta. Le Conseil européen se clôturera par une discussion sur la sécurité et la défense et le Moyen-Orient. Il convient de noter qu’Ursula von der Leyen n’a fait qu’effleurer brièvement ces thèmes stratégiques dans son discours sur l’état de l’Union.
Géopolitique
Kallas présente une liste de 1 576 noms pour la liste noire en raison de la guerre en Ukraine — Les vingt-sept États membres ne parviennent pas à s’entendre pour proroger la liste noire de l’UE sur les sanctions contre la Russie. Néanmoins, la Haute Représentante pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a transmis une proposition pour sanctionner 1 576 individus et entités, ciblant en particulier le complexe militaro-industriel russe. Il s’agit du plus grand paquet de désignations jamais présenté par la Haute Représentante. Une première discussion a eu lieu hier entre les ambassadeurs des États membres. La liste passera à un groupe de travail pour examen technique, avant de revenir aux ambassadeurs en vue de son adoption. Kallas a indiqué l’objectif de la faire approuver lors du Conseil Affaires étrangères d’octobre.
Aujourd’hui
Parlement européen : discours du Premier ministre du Canada, Mark Carney ; conférence de presse avec la présidente Metsola
Commission : conférence de presse de la présidente von der Leyen et de la vice-présidente Virkkunen sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans
Parlement européen : session plénière à Strasbourg (débats sur les travailleurs du secteur de la santé ; la résilience de la santé dans les pays partenaires ; les substances toxiques)
Conseil européen : le président Costa rencontre le Taoiseach irlandais, Micheál Martin
Commission : le commissaire Tzitzikostas participe au Forum Civitas à Thessalonique
Commission : le vice-président Fitto en visite à Madère au Portugal
Commission : la commissaire Roswall au Portugal
Commission : discours du commissaire Dombrovskis à l’European Financial Forum
Commission : le commissaire Hansen rencontre le ministre irlandais de l’Agriculture, Martin Heydon, à Tullamore en Irlande
Conseil : réunion du Comité politique et de sécurité
Cour de justice de l’UE : arrêt sur l’obligation d’un dépôt financier pour se porter candidat aux élections européennes en Estonie ; arrêt sur la reconnaissance des unions civiles en Roumanie
Eurostat : données sur l’inflation en août ; données sur les taxes liées au climat en 2024 ; données sur les conditions de vie des Européens en 2026
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The empty promise framing is fair but incomplete. Von der Leyen learned from Juncker's fate: announce big, deliver small, let the Council take the blame. The 2019-2024 scorecard shows this works electorally even when it fails institutionally.